Je n’ai pas changé d’outils par rapport à mon travail antérieur. De grands parents immigrés russe et italien je porte une sensibilité de déracinée. Un père et un grand père hommes du bâtiment, des couteaux comme instruments de travail : j’ai fait mien de leurs outils.
Ce bâti est incisif. Tout est question de respiration. Inspiration, expiration, travail de la matière colorée, sentir sa fluidité, vouloir son opacité pour construire, mesurer sa transparence et sa charge d’émotion. Construction mentale de la peinture son extrême liquidité ne me permet qu’une mise en place à plat, les transparences voulues et pensées au départ ne peuvent se révéler que lorsque la toile retrouve sa verticalité.
Mes titres se révèlent en même temps que l’exécution du tableau, ni avant, ni après, juste au moment ou toutes les magies se conjuguent. Les effets de mouvances et de dynamiques que je recherche sont la traduction d’éléments les plus inconscients. Une vibration de lumière sur une feuille d’arbre peut tout autant m’inspirer que le rire d’Anaïs, un reflet sur l’eau ou le regard de Brice.
Lorsque je bâtis une toile, je ne sais jamais ce qu’elle va devenir. Se retrouver seule face à elle et recommencer une nouvelle découverte jour après jour demeure mon état d’être. S’immerger totalement, ne pas savoir où je vais et surtout ne pas le savoir. S’imprégner du blanc de la toile, fabriquer les couleurs que je visualise derrière mes yeux pour qu’ inlassablement naisse l’expression.





























